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20/9/2005 François Brassaud Un équipement très particulier au Neuvon !?...
«Le siphon du Neuvon en pantoufles» ou encore «La PDE c’est fini».

Cher et honoré maître.

Le titre est un peu ronflant mais tu vas voir que le projet ci-dessous est pourtant « à la hauteur »
Depuis plus d’un an, tu le sais, on se retrouve à La Pérouse pour creuser gratter bidouiller et faire la fête. Mais dans quel but ?
Assurer la jonction à l’air libre avec le réseau du Neuvon ? C’est un peu juste comme objectif !
Quand je me penche sur ce passé, pourtant si proche, je ne peux qu’éprouver un sentiment d’amertume et de honte.
Cette méthode de travail qui consiste à creuser des galeries, sans savoir où l’on va, sans même avoir la certitude de jonctionner un jour est vraiment, si l’on y regarde bien, totalement ahurissante. Je m’étonne qu’un esprit éclairé comme le tien laisse faire et semble même cautionner.


Voici donc le relevé des décisions prises il y a quelques jours chez Jean-Louis à l’heure de l’apéro au retour de notre plongée au Neuvon, jusqu’à la 1ère cloche.
J’ai bien dit chez Jean Louis pour authentifier la validité scientifique de ce projet qu’il ne faudrait en aucun cas taxer d’élucubration.
Car j’entends déjà les quolibets ou les lazzis.
Et les dadais de rire.
Mais non ! Non ! Cent fois non !
Cette idée est on ne peut plus sérieuse, et que le Très Haut me tripote si elle ne porte pas l’estampille de la plus rigoureuse authenticité.
Pourquoi donc creuser alors que la solution est à portée de nos mains de manière radicalement plus simple « en passant par en bas »
Il suffisait d’y penser, mais comme pour toute proposition évidente, il nous manquait cet éclair de génie qui masquait à nos yeux ébaubis cette révélation pourtant triviale : pourquoi palmer et respirer de l’air en conserve pour franchir le Neuvon ?
Hein pourquoi ?
Parce que c’est un siphon rétorqueras-tu benoîtement ?
Et bien non, je ne m’arrêterais pas à ces considérations bassement physiologiques.
Un siphon, ça ne s’assèche pas, il ne faut pas rêver, mais un siphon ça s’équipe.
Or rien n’est plus facile.
C’est bête comme l’œuf de Colomb.


Partenaires :
Goodyear - Michelin - Firestone - Bridgestone … Il suffit de frapper à la bonne porte.

Le projet :
Faire l’achat d’un tube de caoutchouc - type chambre à air de tracteur – de 200 mètres de longueur. En préambule insérer en son for intérieur une corde ad hoc, se munir de 2 tubes PVC de 2 mètres de long sur 60 cm de diamètre, munis d’un pas de vis et d’une cloison aux 2 extrémités afin de constituer une sorte de caisson étanche.
Le reste est, tu le devines aisément, un jeu d’enfant à la portée du 1er imbécile venu et donc accessible aux compagnons qui nous entourent.
Dérouler la chambre à air dégonflée, la collaber puis la dévider dans le siphon, installer les 2 sas étanches aux extrémités, tendre la corde en son sein, gonfler le tube à une pression de 2 Bars (soit environ 3 768 pieds-cube) et dérouler un tapis rouge à l’entrée ne sera l’affaire que d’une petite sortie pour quelques plongeurs animés de cette sorte d’émulation que l’on voit spontanément naître dès lors qu’un grand projet fédérateur est en vue.


Ensuite : pour la 1ère traversée, je ne saurais que recommander d’envoyer en tête un gaillard, mais pas de la race des poltrons, un sujet averti, prudent, méticuleux, raisonnable et au fait de la vulcanologie.
Les lourdes tâches suivantes lui seront imparties.
Se vêtir d’une combinaison duveteuse et feutrée (vaselinée n’est pas nécessaire).
Pénétrer dans le sas d’accès avec des précautions quasiment chirurgicales, un ponton flottant et moquetté semble un minimum.
S’engager dans le conduit (qui flotte à l’apex du boyau, tu l’avais bien saisi).
Entamer son endoscopique voyage, progresser en souplesse, sans à coup d’aucune sorte, sans trop de vélocité mais sans lenteur non plus.
Vérifier l’étanchéité du dispositif, pour ce faire, il se sera muni de rustines de gutta-percha ou de dissolution (ainsi se justifie l’absence de majuscule à « vulcanologie »), d’une éponge et d’un flacon pour tarir une improbable flaque aux points déclives.
Equiper la corde aux angles du parcours de sortes de gouttières en tuyaux d’arrosage pour éviter les phénomènes d’usure due aux tractions.
Enfin s’assurer de la viabilité du projet, bref de garantir à toute l’équipe l’aisance de cette traversée « au sec et en pantoufles ».
L’arrivée au sas terminal n’est plus, à ce niveau, qu’une simple formalité qui ne saurait nous retenir.
Un petit coup de pression pour équilibrer les pertes lors de l’usage des sas, il n’est encore que potron-minet et déjà le 2ème hardi conquérant s’élance, portant sur son front une mâle assurance,
– and so on –


Les suivants n'auront qu'a se laisser glisser à frottement doux dans les parties descendantes et se tracter en souplesse dans les parties remontantes, galéjade pour nos amis, on ne saurait s'y arrêter.
J'insiste pourtant sur un point : chaque spéléonaute aura à cœur d'éviter toute forme de pollution au cours de son passage, et aura la délicatesse de laisser en ces lieux la pureté virginale qu'il avait eu le plaisir d'y trouver.

Si tu y regardes bien, les avantages sont innombrables :

Ce projet est d'une simplicité effarante, aucun détail technique n'a ici été mis de côté toute la clarté de rigueur sur la faisabilité brille de sa plus pure luminosité le coût en est si modique qu'il n'est même pas nécessaire de le chiffrer le déroulement de toute l'opération ne prendra que quelques jours Une mise en route immédiate me paraît primordiale.
Instauration d'une cellule de crise qui aura beau jeu de résoudre les éventuels derniers impondérables.


Cette cellule se devra de décider la cessation immédiate des travaux obsolètes à la PDE ,en sachant clairement, que toute heure perdue là haut est une heure gâchée pour ce programme. Le choix en est difficile mais il faut bien trancher le nœud Gordien. Après tout, quand la gangrène s'est installée, les chirurgiens décident d'amputer.
Voici en gros le projet initié par Jean-Louis, Emeric et moi-même à notre retour du Neuvon (une semi-première pour tous les 3). François Beaucaire, notre initiateur, que l'on remercie une fois encore pour son dévouement son abnégation sa patience son sens pédagogique et son mirifique engagement, nous écoutait sans trop y croire. Peut-être était-il encore accaparé par les difficultés inhérentes à ce que doit ressentir le chef de meute quand il emmène pour la première fois les tendres louveteaux au combat ?
Le reste est affaire de détails qui devront se plier à nos exigences, quand le train est lancé la caravane passe.
Comme disait notre bon maître "Quand il y a une volonté il y a un chemin"
Le chemin est tracé, notre volonté à tous va s'y engager.
Bien entendu quelques options seront à discuter, sous réserve qu'elles ne soient pas contraires au sacro-saint principe de la sécurité et qu'elles n'obèrent pas trop grandement le budget.
Alexandre le Grand tranchant le noeud.


Doublage interne du boyau par du polystyrène " pour la rigidité et le confort "
- Eclairage, voire musique d'ambiance
- Eventualité d'équiper une double corde, façon téléphérique, pour tracter des sortes de wagonnets aux larges roues cerclées de mousse, utiles pour tirer les kits ou charrier des tonnelets roboratifs (le bon vin-vin de certains)
- Possibilité de motoriser cet appareillage
- Prévision de hublots transparents judicieusement répartis pour profiter du paysage
Etc…

Alors, séduit ?
Imagines : un Berbisey-bar-club-bis derrière le boyau des billes, les JNS 2006 en toute quiétude à la Cathédrale, et tout plein de projets neufs qui vont raviver l'allant de nos partenaires.
Alors, en avant, fors les cœurs, j'ai hâte d'y être.
Je t'adresse, avec ma spéléolonesque gratitude, la primeur de ce projet car je sais que tu auras les mots qu'il faut pour convaincre notre président et le tact pour le diffuser au mieux auprès de tous ceux qui vont maintenant se battre pour le faire vivre (rabat-joie s'abstenir)

A plus, François doc, le 20/09/2005

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