--> Retour menu <--
 
Date
Lieux
Activités
17/11/2012 Grotte de Neuvon - Plombières lès Dijon Exploration et protection
Présents :
Groupe en route pour poser la balise: Jean-François Decorse, Cosimo Torre, Philippe Clément, Thomas Binsse et Laurent Garnier.
Groupe de visite simple: Bruno Bouchard et Madame, Pascal Levoyet et Thierry Daloz.
Groupe recherche balise en surface: Claude Humblot, Emeline Humblot, Guillaume Drescher, François Pornet, Bastien Dupin et Jean-Louis Mérelle.
Soit 16 participants !

Les nombreuses expéditions pour le balisage ont plusieurs buts. Il est bien évident qu'il faut recaler la topographie mais il faut aussi penser à l'avenir et prévoir l'imprévisible comme la fermeture de l'accès au Neuvon par la PDE (Porte Des Etoiles).
Les raisons peuvent être nombreuses !! Sécurité, changement de propriétaires, accident, effondrement du chaos?????
Dans l'état actuel de nos travaux, nous n'avons pas encore trouvé de solutions convenables.
Il faut que nous trouvions une échappatoire, une autre sortie.....C'est ce que nous faisons actuellement.
Malheureusement l'épaisseur de calcaire est encore trop importante pour que nous puissions le traverser rapidement en cas de besoin.


Avant le départ, et durant le café du matin avec nos amis, les chasseurs, nous convenons d'un rendez-vous avec Jean Louis pour l'émission de la balise entre 17h et 20 h. Nous sommes cinq à partir pour cette longue randonnée, Jean François, Cosimo, Philippe, Thomas et moi. Comme toujours, les objectifs sont nombreux tout au long de notre chemin.
Tout d'abord, il faut équiper la cavité, ensuite tout au long de notre cheminement, nous relevons les altitudes pour avoir une ébauche du profil altimètrique de notre parcours. (Voir le tableau ci-joint.)


Il faut aussi repérer et tracer notre cheminement lors des passages délicats au risque de se perdre et de voyager dans des galeries que nous ne connaissons pas.
Pendant ce temps, une équipe composée d'anciennes et de nouvelles têtes se baladent pour le plaisir et aussi pour faire quelques photos que vous pourrez admirer sur Flirk.fr
La première partie de notre promenade jusqu'à la salle du Putch s'effectue sans encombre.


Débarrassés de notre ferraille superflue et des combinaisons trop chaudes nous voyageons légèrement vêtus mais tout de même bien chargés.
Les mesures se succèdent à tous les points remarquables mais surtout lorsque nous trouvons les différents cours d'eau.
Après une collation durement méritée, nous renfilons nos combinaisons et prenons le chemin de la Salle de la Cascade.
En cours de cheminement, nous constatons que l'eau a quelque peu monté dans les gourds blancs. La Galerie de la Porcelaine est une pure merveille. Nous prenons milles précautions pour ternir le moins possible cette vision idyllique.


Au pied de la Cascade, nous sortons les baudriers légers que nous abandonnerons sur place pour ne pas se surcharger.
Le peu de quincaillerie que nous avons amené repartira tout de même avec nous car l'oxydation rend très rapidement inutilisable ce matériel. Nous nous passons à tour de rôle ces équipements pour gravir à l'échelle ces quelques mètres.
Nous traversons sans encombre la zone la plus chaotique de notre parcours. Ces galeries taillées dans les marnes contrastent terriblement des précédentes.
Tantôt libres, tantôt effondrées mais toujours très sombres. Les passages sont multiples, à l'aller comme au retour, suivant si l'on passe sous, ou sur, le même pont !
Il nous arrive même de faire demi-tour sans nous en apercevoir.


En retrouvant la Galerie des Prédateurs, les marnes s'estompent et nous retrouvons le calcaire blanc, les chailles, vite remplacées par l'oolite blanche.
La progression dans ce long couloir rectiligne n'est interrompue que par les magnifiques coulées stalagmitiques et le Boyau du Fakir. La fatigue se fait un peu sentir car nous hésitons quelque peu à passer cet étroit goulet.
Les sacs sont passés un par un. Les sherpas ont du mal à passer si bien que nous nous posons la question de les vider ou pas. Finalement, notre inquiétude n'est pas justifiée. Il faudra peut être faire quelques aménagements par le court, mais très étroit passage supérieur.


L'arrivée à l'affluent du Y est quelque peu une délivrance car nous commençons à avoir sérieusement faim !!
Sur une plateforme, en face de l'Affluent, dans cette galerie qui ne fait pas moins de 20 mètres de haut, nous trouvons, comme au Fakir, les restes d'un point chaud des premiers explorateurs.
Le temps joue contre nous. Il faut aussi que nous ne nous refroidissions pas trop. Nous ne sommes toujours pas à pied d'œuvre.
Notre parcours reprend dans cette longue galerie qui n'est jamais monotone. Tantôt très haute ou basse sans jamais nous baisser. L'eau nous quitte souvent car le flux principal vient du Y L'écoulement est devenu proportionnellement presque insignifiant.
Soudain, nous butons sur des effondrements qui marquent le terminus du parcours de ce jour. Désormais, il faut trouver où nous sommes précisément car nous avons loupé les cheminées.
En reculant, nous trouvons le départ de la Voix Royale et ensuite, plus en aval, les fameuses cheminées.
Nous démarrons la balise à 17h45.
Il nous a fallu pas moins de 8h45 de progression pour poser cette fameuse balise.


Pendant l'attente, nous cherchons en vain où peut bien se trouver les os du rhinocéros tombé il y a quelque temps déjà !!
Une heure après, à peine le temps de ranger le matériel, nous faisons demi-tour pour regagner la sortie. Thomas qui a du mal et Cosimo, partent devant pendant que nous essayons d'enfumer la galerie pour chasser les éventuels courants d'air.
Malheureusement la lavande ne s'enflamme pas très bien à cause de l'humidité. Le résultat n'est pas bien concluant mais il semblerait que le mouvement d'air vienne du fond.
Nous recommençons la même expérience à la confluence du Y ! C'est le mécanisme de l'enfumoir qui rend l'âme cette fois ci !! Quelques coups de pinces plus tard il fonctionne à la perfection ! Après bien des déboires pour l'allumer, le Y se retrouve enfumé sur ses 20 mètres de haut.
La fumée chaude, monte très vite et il est difficile de discerner les plafonds de ce méandre mais c'est en retournant dans la galerie principale que nous voyons la fumée arriver et commencer à descendre.
Là aussi le courant d'air viendrait du fond de l'Affluent. J'avais prévu pas moins de 8 enfumages mais le peu de résultats et la fatigue nous fera abandonner pour mieux revenir avec plus de différence de température entre l'extérieur et l'intérieur ce qui accélérera notablement la vitesse du courant d'air.
Au pied de la cheminée balisée


Tranquillement, nous repartons en faisant des photos et du film en abondance.
La route est longue et fatigante ! Nous nous perdons une nouvelle fois après la fin des Prédateurs et la Cascade !!
Cette fois ci, nous tendons un fil d'Ariane dans ce chaos. Après discussion il semblerait que nous n'ayons pas pris le chemin le plus simple. Le fil sera réinstallé la prochaine fois.
Lentement nous atteignons la salle du Putsch.
Cent ou deux cent mètres avant, nous sentons une odeur de bougie preuve que le courant d'air viendrait vers nous et surtout que quelqu'un a séjourné longuement au rudimentaire point chaud que nous avons commencé à installer !! Nous nous posons tout de même quelques questions sur l'état de santé de Thomas...


Nous en profitons pour installer les bouteilles vides sous les rares gouttières, pour nous réhydrater et prendre un maximum de calories à base de gâteaux secs de rations de l'armée largement tartinées de miel et toutes sortes de barres avec des graines dessus.
La dernière ligne droite de la Galerie de l'Enclume n'est pas des plus dure mais il faut bien que nous ressortions en bon état.
Au bivouac, nous buvons une bonne soupe chaude pour nous requinquer avant d'attaquer la remontée sur cordes.


A 5h30 nous sommes devant nos voitures.
Cette sortie fut véritablement une réussite car tous nos objectifs on été atteints. Un seul bémol cependant car le lendemain, nous apprendrons que Thomas a véritablement eu du mal à regagner la sortie car son genou l'a fait souffrir tout au long du chemin, d'où leur pause d'une heure à la salle du Putsch.
De ce fait, à l'avenir et pour la sécurité, des points chauds, dignes de ce nom, seront dispersés tout au long du cheminement de la cavité.

Laurent



Récits du répérage en surface




Nous nous retrouvons à 16h30 à l'entrée du bois à la cote 419 au nord du bois du Chêne. Il y a Claude, Emeline, Guillaume, François, Bastien et Jean-Louis.

La journée se termine et progressivement l'obscurité arrive. Chacun se charge d'une partie du matériel de repérage.
Récepteur de la balise, carte, antenne, GPS, boussole, lasermètre, inclinomètre....sans oublier de puissants éclairages à leds.

La balise de repérage choisit sera la plus puissante. Elle fait 100 Watts et à une portée sous terre de l'ordre de 300 m. Elle fonctionne sur la même fréquence que les TPS, ainsi un simple récepteur TPS et une antenne cadre adaptée permet sa localisation.

La zone de recherche prévue fait 750 m de diamètre et elle est centrée sur l'emplacement théorique attendu, fonction des observations du décalage observé sur la localisation de la Salle du Putch. Il est a noté que jusqu'à présent les galeries ont été mesurées plus longues que la réalité.
J'ai donc préparé à l'avance une carte en tenant compte des observations précédentes.

A 16h45 nous dévalons la Combe en direction de la cote 378. A 17h nous remontons la Combe entre le Bois du Chêne et le Bois des Essarts. Le récepteur balise est en route, et nous écoutons attentivement le moindre bip, bip, bip...mais rien pour l'instant.
Avant de sortir de la zone de recherche, à 17h15 nous choississons de gravir une ligne nord/ouest sur la droite dans le Bois des Essarts, puis de revenir en ligne de niveau nord/est jusqu'à la cote 430 puis descendre la Combe avant le Bois des Minières.
Nous retrouvons à nouveau à la cote 378 à 17h35, il fait maintenant parfaitement nuit et toujours aucun bip....
Le cercle est la zone de recherche, le point rouge est la position sur l'ancienne topo
et le centre du cercle, la position estimée.
Le trait rouge oblique est l'axe général du réseau et le point bleu est le point de ralliement.


Chacun, ceux du haut et ceux du bas, s'affaire au repérage de la position de la balise.
Nous commençons légèrement à nous inquièter, mais sans plus... Nous savons que sous nos pieds la progression n'est certainement pas facile et que le chemin est long, mais tout de même...chacun sans le dire à tout de même une petite inquiètude. Est-ce que tout se passe bien ? A la fois si loin et si proche...

Maintenant le choix logique serait d'explorer à nouveau la zone du début puis le bois du Chêne encore non exploré, mais Jean-Louis préfère repasser à nouveau dans la combe au centre de la zone de recherche puis de revenir à l'est dans le bois du Chêne de façon à décrire un 8 sur la zone.

Cela nous fera régulièrement repasser au centre de la zone de recherche, l'endroit le plus probable...

A peine 5mn après avoir commencé à remonter la combe, un BIP, puis un autre BIP et encore un autre BIP se font puissamment entendre.
Il est 17h45, c'est la joie dans l'équipe !. Cela veut dire déjà deux choses. Ils n'ont normalement pas eu de gros problèmes qui leur ont fait abandonné l'objectif, c'est de loin le plus important, et la balise fonctionne et va être rapidement localisée.

Vu la puissance du signal, la balise n'est pas loin. Un rapide relevé de doute nous oriente vers l'est dans le bois du Chêne.


Jean-Louis mène la troupe progressivement sur le haut d'un ressaut rocheux. La localisation sur une pente n'est pas la plus efficace. En effet la dissymétrie du sol (pente) modifie le chemin des lignes de champs magnétiques et génère ainsi des erreurs. Des astuces de repérage permettent néanmoins de s'en affranchir en partie.
Il est 18h15 quand la verticale de la balise est trouvée. Nous chercherons ensuite à trouver la profondeur à l'aide du laser et de l'inclinomètre par l'utilisation des lignes de champs à une distance donnée et l'application de la formule magique suivante:



Où D est la distance à l'axe, Alpha l'angle des lignes de champs et P la profondeur. Pendant ce temps François frappe la roche dans l'espoir que nos vaillants spéléos nous entendent !....Nous saurons plus tard qu'ils ne nous ont pas entendu...

Le paufinage finale...


Le cadre posée en croix à la verticale de la balise
Après la séance photo de surface nous levons le camp, laissant nos copains spéléos au fond. Nous savons que pour nous c'est terminé et que nous allons bientôt enfiler nos chaussons devant la télévision, mais qu'eux ne sont qu'à la moitié de leur expédition...
Nous remontons aux voitures tout en laissant la réception de la balise en route pour savoir jusqu'où en l'entend.
Il est 19h quand nous quittons les lieux...


Résultats des repérages


C'est la cheminée CH1 qui a été repéré. C'est celle là qui a été noté par le point rouge sur la carte précédente.
On constate un déplacement d'environ 220 m vers le sud et d'environ 40 m vers l'est. On se trouve à environ 100 m de l'endroit estimé. La prévision n'est pas trop mauvaise, et en tous cas largement dans le cercle attendu.
La profondeur calculée est de 67 m à plus ou moins 2 m. L'altitude du point en surface est d'environ 407 m ce qui situerai la balise, c'est dire le réseau, a une altitude de 340 m à cet endroit soit 70 m plus haut que le plancher de la Cheminée de la Cathédrale.
Nous remarquons également que la cheminée CH2 se trouve sous le chemin. A cet endroit nous avons remarqué une petite doline pile poil sur le chemin !


Jean-Louis


Retour sur l'expédition......

Durant la progression sous terre, Laurent a relevé en différents points du réseau les altitudes au moyen d'un altimètre. Certes l'exactitude n'est pas des plus précises, mais donne néanmoins un bon aperçu du profil de la cavité.
Nous pouvons constater au final que l'altitude relevé par Laurent au pied de la cheminée CH1 est de 341 m ! Non non on n'a pas triché ! On trouve seulement 1m de différences entre nos deux méthodes !
Coup de bol ou réel talent de chacun, l'histoire ne le dira pas .....

Voici donc le tableau des relevés
Entrée surface PDE ------------------ 374 m
Bivouac ------------------ 284 m
Dernier puis ------------------ 271 m
Siphon Oasis ------------------ 280 m
Rivières ------------------ 274 m
Salle du Putch ------------------ 301 m
Le haut de la cascade ------------------ 301 m
Galerie des Prédateurs ------------------ 318 m
Le Y ------------------ 335 m
Base de la cheminée balisée ------------------ 341 m

Extrait d'un message de Laurent
Les résultats sont logiques à moins que je ne me sois planté.
- Nous avons progressé durant 8h54 avant de poser la balise
- Les différences de niveau durant notre parcours sont logiques aussi, et constatons que l'Oasis coule plus haut que le Neuvon.
- Le réseau monte de 81 m avec une pente de 1,35 %.
- L'épaisseur à traverser du pied de la cheminée à la surface et de 66 m, mais la cheminée est estimée à 30 m.
Peut être aussi qu'il y a des galeries ou d'autres cheminées à la suite ?
Inspection du secteur de repérage le lendemain, quelques trous de blaireaux,
mais rien de probant.....


Pour finir, voici pour info la topo du secteur de la voie Royale avec la cheminée balisée juste à droite (nord) après le site des ossements
Vous pouvez cliquer la topo pour l'avoir en plus grand.

Retour à la page d'accueil du site
cds21